L’École d’été du CanFRN : le regard d’une boursière

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À l’École d’été 2026 du CanFRN, Ivana Okaro a trouvé bien plus qu’un lieu d’apprentissage. Elle raconte comment les amitiés, la curiosité partagée et la confiance acquise au fil du temps lui ont donné le sentiment d’y avoir sa place.

J’ai toujours trouvé que partager un repas avec quelqu’un était un moment à la fois intime et ressourçant. Assise au bout d’une longue table, entourée d’autres boursières et boursiers et de membres du corps professoral, à savourer un repas et des conversations sans hâte, j’en étais plus convaincue que jamais. Autour de moi, les gens souriaient, se rapprochaient pour discuter, avaient envie de découvrir les autres et de se faire connaître. Dans le décor ornementé de la Maison Louis-Joseph-Forget, on aurait dit un tableau illustrant ce sentiment profond : avoir sa place.

J’en étais à ma deuxième année comme boursière et j’avais déjà pris place à cette table. Pourtant, j’étais loin de la personne que j’étais un an plus tôt. Discrète et passionnée par l’observation des gens, j’étais arrivée à ma première École d’été du CanFRN avec l’intention de prendre des notes, d’apprendre des noms (puis de les oublier rapidement) et de repartir sans trop me faire remarquer. Mes plans sont tombés à l’eau presque aussitôt. À la fin de la semaine, j’avais participé à des discussions animées avec des chercheurs et chercheuses, remporté le concours de présentation de thèse du CanFRN et noué des amitiés avec des personnes dont je n’oublierai ni le nom ni l’histoire.

Cette année, je suis arrivée en sachant que je pouvais être pleinement moi-même. J’ai posé des questions aux personnes invitées à présenter, échangé des idées sur les activités du CanFRN et enchaîné les conversations à la réception d’accueil, à la galerie La Guilde. Cette confiance m’a suivie jusque chez moi. Je la retrouve dans ma façon de parler de mes recherches et de créer des liens qui me donnent l’espace nécessaire pour poursuivre mes ambitions.

J’ai aussi vu d’autres boursières et boursiers prendre leurs marques. Pendant l’introduction à l’épidémiologie environnementale du professeur Eric Fombonne, par exemple, les questions se sont multipliées lorsqu’il a montré comment des pratiques de recherche peu rigoureuses peuvent entretenir la désinformation. Des personnes ont demandé comment préserver la rigueur de leurs propres projets et exprimé leur frustration devant une culture qui peut récompenser la reconnaissance davantage que l’exactitude. C’était merveilleux de nous voir participer ensemble à des séances comme celle-là : nous apprenions les uns des autres et trouvions la persévérance nécessaire pour continuer à grandir.

J’ai particulièrement aimé les moments où les boursières et boursiers prenaient à leur tour le rôle de formateurs. Lors de l’atelier Sharing your Science, un groupe de collègues devenus amis a parlé de cette peur bien connue de se montrer et de présenter ses travaux au grand public. Leurs réflexions ont encouragé les autres à accepter le malaise des débuts et à trouver leur voix pour parler de science.

La découverte se poursuivait hors des salles de cours. Au Musée des beaux-arts de Montréal, les boursières et boursiers et les membres de la communauté ont passé un après-midi à créer et à explorer ensemble. À mon grand amusement, la métaphore qui me venait à l’esprit avait pris vie : des œuvres d’art qui en admiraient d’autres. Réunis en petits groupes devant les tableaux, nous échangions sur ce que nous y voyions. Nous avons ainsi découvert nos points de vue respectifs d’une manière que les chercheurs et chercheuses et leurs partenaires communautaires ont rarement l’occasion de vivre. Quelle meilleure façon de célébrer les personnes que nous devenons qu’au milieu de chefs-d’œuvre, alors que chacune et chacun de nous est encore en train de créer le sien?

Ce que je préfère peut-être dans le fait d’observer les autres, c’est de voir leur vie évoluer. Je remarque les personnes en formation qui gagnent en assurance, le soulagement qui parcourt une salle quand quelqu’un affronte une peur, ou le regard d’une personne qui comprend que davantage de possibilités s’offrent à elle qu’elle ne l’aurait cru. Je resterai sans doute toujours attachée à mon côté introverti. Mais apprendre à connaître les personnes dont j’aimais suivre le parcours m’a apporté une joie bien à part.

Dans cette vidéo, notre équipe vous invite à faire leur connaissance à votre tour. Prenez une collation, installez-vous confortablement et rencontrez quelques-unes des personnes qui font de l’École d’été du CanFRN ce qu’elle est.

Suivez Ivana Okaro (Université McGill), boursière du CanFRN et coresponsable étudiante des communications scientifiques du RTSA, dans les coulisses de l’École d’été 2026 du CanFRN à Montréal, au Québec.
Production : Noah Leon, Ivana Okaro et Vanessa Tamburro.
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