À la croisée de la recherche clinique et de l’innovation technologique, Annemarie Wolff explore de nouvelles façons de comprendre les conditions neurodéveloppementales grâce aux sciences computationnelles. Une question fondamentale guide ses travaux : pourquoi certaines personnes se sentent-elles déconnectées de leur environnement?
Annemarie fait partie de la cohorte 2025 des Fellows postdoctoraux du CanFRN et mène ses recherches à l’Université de Montréal et au CHU Sainte-Justine. Elle combine une expertise en neurosciences computationnelles, en psychiatrie et en informatique quantique avec un lien personnel à son sujet de recherche. Ses projets portent notamment sur les différences liées au sexe et au genre dans l’autisme et le TDAH, ainsi que sur les profils d’activité cérébrale associés à certaines difficultés cognitives.
Nous avons rencontré Annemarie lors de l’École d’été annuelle 2025 du CanFRN afin d’en apprendre davantage sur son parcours de recherche, ses motivations et les conseils qu’elle souhaite transmettre aux personnes en début de carrière.
Faites connaissance avec Annemarie Wolff et découvrez comment ses recherches, son savoir expérientiel et son parcours interdisciplinaire façonnent son approche de l’autisme, du TDAH et de la diversité cérébrale. Réalisation : Noah Leon, Moosefuel Media.
Quelles possibilités la CanFRN vous a-t-elle offertes, tant sur le plan professionnel que personnel?
Wolff : Depuis septembre 2025, je suis Fellow postdoctorale du CanFRN à l’Université de Montréal. Ce soutien financier me permet de mener des recherches novatrices qui combinent la modélisation normative et l’étude des conditions neurodéveloppementales.
Le CanFRN m’a donné la liberté d’explorer des approches de pointe, notamment les applications de l’informatique quantique aux neurosciences, tout en soutenant ma transition vers la psychiatrie computationnelle.
Sur le plan professionnel, le programme m’a permis d’intégrer un réseau pancanadien propice aux collaborations et au développement d’une expertise en technologies émergentes appliquées à la recherche en neurosciences et en psychiatrie.
Sur le plan personnel, comme j’ai moi-même une expérience vécue de différences neurodéveloppementales, la mission du CanFRN rejoint profondément mon engagement à faire progresser notre compréhension de la diversité cérébrale.
Qu’est-ce qui motive vos recherches et votre engagement à mieux comprendre les différences neurodéveloppementales?
Wolff : Ma motivation repose à la fois sur ma curiosité scientifique et sur mon expérience personnelle.
Je cherche avant tout à comprendre pourquoi certaines personnes se sentent déconnectées de leur environnement et comment cette expérience se manifeste dans l’activité neuronale. Ayant moi-même vécu avec des différences neurodéveloppementales, je comprends directement l’importance de ces recherches.
Mes travaux visent à créer des ponts entre l’expérience subjective de la déconnexion et les marqueurs neuronaux observables. À terme, j’espère contribuer à améliorer les approches diagnostiques et les interventions afin qu’elles respectent la neurodiversité tout en répondant aux difficultés réelles que certaines personnes peuvent rencontrer.
Comment vos travaux contribuent-ils à renouveler les approches en recherche neurodéveloppementale et à mieux reconnaître la diversité cérébrale?
Wolff : Je développe des modèles normatifs qui pourraient servir de biomarqueurs pour certaines conditions neurodéveloppementales. Cette approche permet de dépasser les modèles uniformes et de mieux tenir compte des différences propres à chaque personne.
En étudiant la façon dont la précision temporelle et le traitement sensoriel peuvent varier dans des conditions comme l’autisme, mes travaux contribuent à une compréhension plus personnalisée des mécanismes cérébraux et de l’activité neuronale. Mes recherches sur les applications de l’informatique quantique pourraient également transformer notre façon d’analyser des données neuronales complexes.
Ces travaux ont déjà contribué au développement de technologies médicales et pourraient éventuellement mener à des interventions plus ciblées et individualisées, qui tiennent compte de la diversité des profils neurodéveloppementaux.
Quels conseils donneriez-vous aux personnes en début de carrière qui souhaitent explorer des parcours moins conventionnels?
Wolff : Je leur dirais de ne pas avoir peur de débuter dans un nouveau domaine ni de poursuivre des idées moins conventionnelles qui les passionnent.
Certains de mes meilleurs travaux sont nés de parcours inattendus et d’idées qui sortaient des sentiers battus.
Le CanFRN offre une occasion rare de prendre des risques sur le plan intellectuel, sans ressentir la pression de devoir produire immédiatement des résultats ayant une application concrète.
Je recommande également d’échanger avec des personnes qui travaillent dans d’autres disciplines. J’ai autant appris auprès de spécialistes en informatique et en physique qu’auprès d’autres neuroscientifiques.
Enfin, il ne faut pas hésiter à reconnaître le lien personnel que l’on entretient avec son sujet de recherche. Cette proximité peut devenir une véritable source de motivation et aider à traverser les périodes plus difficiles d’un parcours scientifique.
Rester en contact
Le CanFRN accorde une grande importance aux liens et aux collaborations. Entrez en contact avec Annemarie Wolff ou découvrez ses travaux en consultant son site Web personnel, profil LinkedIn, ou sa liste de publications.